Thème III : Puissances et tensions de la Première Guerre mondiale à nos jours

Chapitre 1 : Les États-Unis et le monde depuis les « 14 points » de Wilson

 

1. Les États-Unis réticents à endosser les responsabilités d'une puissance mondiale (1918 - 1945)

 

     A. L'engagement des États-Unis dans la guerre et dans la paix

  1. L'engagement tardif des États-Unis dans la Première Guerre mondiale
  2. Les projets de paix collective du président Wilson

 

     B. Une puissance en retrait : un entre-deux-guerres isolationniste ?

  1. Le retour à un isolationnisme traditionnel mais relatif

                                        a. L'isolationnisme, un aspect traditionnel de la diplomatie des EU

                                        b. Un isolationnisme en fait très relatif dans les années 1920

  1. Les années 1930 ou le triomphe de l'isolationnisme

 

    C. Le tournant  de la Seconde Guerre mondiale

  1. Un rôle majeur sans entrer en guerre : l' « arsenal des démocraties »
  2. Un engagement direct essentiel à partir de 1941

 

2. La puissance assumée : les États-Unis, superpuissance pendant  la Guerre froide (1945 - 1991)

 

     A. Les États-Unis réorganisent le monde après la 2GM

  1. Les États-Unis, grands vainqueurs de la 2GM
  2. Une nouvelle organisation mondiale dirigée par les États-Unis

 

     B. Les États-Unis dans la Guerre froide

  1. L'affirmation d'une superpuissance contre le communisme  (1947 – années 1960)

                                        a. La théorie du containment et ses applications

                                        b. Un affrontement toujours indirect avec l'URSS

  1. Une puissance de plus en plus contestée  (années 1960 – 1980)

                                        a. Une suprématie désormais disputée

                                        b. Une domination contestée et une puissance qui doute d'elle-même

  1. Les États-Unis, vainqueurs de la Guerre froide (1980 – 1991)

                                        a. Le retour de la puissance américaine sur la scène internationale

                                        b. Une victoire par effondrement de la superpuissance rivale

 

     C. La puissance des États-Unis dans la seconde moitié du XXème siècle : hard et soft power

  1. Une puissance économique
  2. Une puissance culturelle

 

3. Les États-Unis depuis 1991, hyperpuissance ou puissance affaiblie  ?

 

     A. Les États-Unis et le nouvel ordre mondial dans les années 1990

  1. Un « nouvel ordre mondial » économique  : diffusion du libéralisme
  2. Un « nouvel ordre mondial » géopolitique : un multilatéralisme affiché

 

     B. La puissance américaine face au terrorisme : un unilatéralisme assumé

  1. Les attentats du 11 septembre 2001
  2. La réponse américaine : la « guerre contre le terrorisme »

                                        a. Un unilatéralisme revendiqué

                                        b. Une image internationale ternie

  1. Les États-Unis de B. Obama : un retour vers le multilatéralisme ?

 

     C. « The Great Recession » : une puissance affaiblie depuis 2008

  1. Une puissance économique sans égale qui reste très attractive...
  2. ... mais une grave crise économique depuis 2008

 

 

 

Accroche : les exemples de la puissance américaine aujourd’hui >>> 1ère nation aux JO (46 médailles d’or) / réélection d’Obama : un événement médiatique mondiale / Obama élu personnalité de l’année en 2012 par le magasine américain le Time.

 

     La puissance désigne la capacité qu'un acteur a de produire ou d'empêcher un effet et d’influer sur le comportement des autres. On distingue 2 types de puissances : la « puissance dure » (hard power) par l’intermédiare de l’économie et de l’armée ; la « puissance douce » (soft power définit par Joseph S Nye en 1990, The Future of Power] qui provient du rayonnement de la culture, des valeurs politiques et de la politique étrangère.

 Au moment où ils entrent dans la Première Guerre mondiale, les États-Unis sont déjà la première puissance économique mondiale peuplé de 100 millions d’habitants, mais ils ont mis du temps à assumer cette puissance et à accepter de jouer un rôle mondial proportionnel à leur poids économique. L’histoire des Etats-Unis et du monde depuis 1918 permet de retracer l’hésitation entre les volontés isolationniste (ne pas intervenir dans le monde) et interventionniste (intervenir). Ce n'est qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, au moment où débute la Guerre froide, que le pays assume pleinement son rôle de puissance globale. Le pays reste aujourd'hui le plus puissant de la planète, même si sa domination est plus contrastée depuis la fin de la Guerre froide.

     Comment la puissance mondiale des États-Unis s'est-elle progressivement construite depuis 1918, de la grande puissance à la superpuissance puis à l'hyperpuissance ? 

 

I. Les États-Unis réticents à endosser les responsabilités d'une puissance mondiale (1918-1945)

 

     Dans la première moitié du XXème siècle, les EU hésitent à renoncer à leur isolationnisme traditionnel et refusent globalement les contraintes mondiales de la puissance.

 

     A. L'engagement des États-Unis dans la guerre et dans la paix

 

  1. L'engagement tardif des États-Unis dans la Première Guerre mondiale (distribuer)

     Les États-Unis considèrent que cette guerre n'implique pas directement leurs intérêts nationaux et adoptent donc une politique de neutralité, proclamée par la président démocrate Woodrow Wilson, élu en 1912 et réélu en 1916. Ils finissent cependant par s'engager dans la guerre en avril 1917 car l'Allemagne ne renonce pas à mener une guerre sous-marine contre les navires, notamment américains, à destination de la Grande-Bretagne. Pour la première fois de leur histoire les États-Unis s'engagent militairement en Europe. L'arrivée des GI's en Europe est décisive : elle rompt l'équilibre des forces en présence et permet la victoire de l'Entente le 11 novembre 1918.

 2 Les projets de paix collective du président Wilson

    Le 8 janvier 1918, Wilson prononce son célèbre discours des « 14 points » devant le Congrès des États-Unis : parmi les principes essentiels sur lesquels doit reposer le monde d'après guerre : droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, liberté de commerce et des mers, fin de la diplomatie secrète, création d'une organisation internationale chargée d'arbitrer les conflits. Les EU veulent ici étendre au monde entier les principes qui ont fait leur fortune : le libéralisme économique et la démocratie. Ce programme forme le cœur de la politique étrangère du pays depuis cette date : la dimension de croisade pour la liberté et la démocratie est déjà présente.

     Un an plus tard, en janvier 1919, Wilson se rend à Paris pour participer à la Conférence de la Paix. Il tente d'y défendre les idées proposées dans ses « 14 points ». Clemenceau s'oppose aux positions de Wilson et veut avant tout affaiblir l'Allemagne. Le 28 juin 1919, le traité de Versailles est signé. Le texte est beaucoup dur envers l’Allemagne (sanctions territoriales, militaires et économiques très lourdes). Wilson parvient néanmoins à faire inclure dans le traité le pacte de la Société des Nations (SDN).

 

     B. Une puissance en retrait : un entre-deux-guerres isolationniste ?

 

  1. Le retour de l’isolationnisme dans les années 1920 ?

 

                                        a. L'isolationnisme, un aspect traditionnel de la diplomatie des EU

 

     L'isolationnisme désigne l'attitude d'un État qui répugne à intervenir dans les affaires internationales et refuse de s'engager dans des traités pouvant entraîner une intervention militaire.  Les Républicains adoptent en effet une position traditionnelle depuis l’indépendance du pays. George Washington dans son « Discours d'adieu » en 1796 avait ainsi insisté pour que le pays reste à l'écart des affaires de l’Europe et de ses guerres incessantes. James Monroe, un autre président républicain avait un peu plus tard, en 1823, formulé la doctrine Monroe qui refusait toute ingérence des Européens sur le continent américain (qui devait rester soumis aux intérêts des EU) et excluait de même toute intervention américaine en Europe. On la résumait au moyen du slogan « L'Amérique aux Américains ».

     Après guerre, les républicains, plus isolationnistes, prennent le pouvoir (Warren Harding élu président en novembre 1920). Ses slogans : « America first », « Back to normalcy ». Une majorité d’Américains considère que les EU n'ont rien à gagner à vouloir se mêler des affaires du monde.  

     En 1920, le Congrès des États-Unis refuse de ratifier le traité de Versailles et d'entrer à la SDN. Au-delà de l'isolement, c'est même d'une fermeture qu'il s'agit : dans le cadre d'une montée des mouvements nativistes et racistes, le pays se ferme au monde extérieur (hausse de 38 % des droits de douanes en 1922, limitation très sévère de l'immigration par des quotas en 1921 et 1924.

 

                                        b. Un isolationnisme en fait très relatif dans les années 1920

 

     Malgré leur posture protectionniste en économie et isolationniste en politique étrangère, les États-Unis restent  très actifs sur la scène mondiale : ils ne peuvent en fait pas rester en dehors d'une économie mondiale qu'ils dominent déjà. Le pays accentue donc son implication dans l'économie mondiale pour favoriser son expansion. On parle à cet égard de « diplomatie du dollar » :

- Les EU parviennent, par les plans Dawes en 1924 et Young en 1929, à imposer aux pays européens vainqueurs de la 1GM un allègement et un échelonnement des « réparations » (indemnités de guerre) que l'Allemagne vaincue doit payer. Ils prêtent par ailleurs de l'argent à l'Allemagne afin de lui permettre de se relever et de payer ses réparations à la France qui peut ainsi s'acquitter des dettes contractées vis-à-vis des EU. Les EU sont en effet les créanciers de l'Europe (importance de la dette interalliée contractée pendant la 1GM).

- Poursuite du développement économique et commercial sur tous les continents, notamment en Amérique latine et au Moyen Orient (pétrole : cf. rôle des majors américaines dès l'entre-deux-guerres). Les investissements à l'étranger augmentent ainsi de 150 % entre 1919 et 1929.

- Le dollar concurrence la livre sterling comme monnaie de référence et devient convertible en or.

     Cette influence internationale est soutenue par la croissance économique exceptionnelle du pays dans les années 1920 (« The Roaring Twenties », les années 1920 rugissantes : les voitures Ford et le fordisme). Les EU commencent à devenir un modèle culturel : démocratisation de la société de consommation,  naissance de la culture de masse, naissance d'Hollywood, révolution du jazz. Les États-Unis deviennent donc le pays de la modernité économique, technique, politique et culturelle. New York concurrence désormais Londres et Paris comme capitale culturelle mondiale (cf. l'inauguration de l'Empire State Building en 1931).

 2 Les années 1930 ou le triomphe de l'isolationnisme

 

     La crise de 1929 et la Grande Dépression des années 1930 relèguent au second plan les questions de politique extérieure. Le démocrate Franklin D. Roosevelt (élu en 1932 et réélu en 1936, 1940 et 1944) est contraint de mener une politique encore plus isolationniste que ses prédécesseurs. Il met en place une politique de relance économique (le New Deal) qui compte sur les seules ressources de l'économie américaine et poursuit un repli national entamé dès 1930 : les droits de douane augmentent massivement sur de nombreux produits ; les capitaux américains investis à l'étranger par les banques et les entreprises américaines sont rapatriés. Ces initiatives accélèrent la contraction du commerce international et favorisent l'extension de la crise à l'ensemble des pays développés (preuve du rôle déterminant des États-Unis dans l'économie mondiale dès les années 1920 – 1930).

     Le Congrès américain adopte trois lois de neutralité entre 1935 et 1937 : ces lois interdisent aux entreprises et aux banques américaines la vente de matériel militaire et tout prêt d'argent à un pays en guerre. Il s'agit d'éviter à tout prix que les EU se retrouvent entraînés dans un conflit. Les EU refusent aussi de condamner l'agression du Japon contre la Chine en 1937 et d'appuyer Londres et Paris face aux menaces hitlériennes. 

    

Après 1918, l'opinion américaine est donc très isolationniste et les présidents doivent en tenir compte, même lorsqu'ils sont démocrates. À cette période, les EU ne jouent pas un rôle mondial conforme à leur poids économique, ce qui a pu nourrir l'instabilité internationale dans l'entre-deux-guerres.

 

 

 C.  Le tournant  de la Seconde Guerre mondiale (30 mn)

 

     Les États-Unis, à l'approche de la 2GM, sortent progressivement de leur isolationnisme.

 

  1. Un rôle majeur sans entrer en guerre : l' « arsenal des démocraties »

 

     Roosevelt sait que les EU ne pourront pas éternellement rester en dehors d'un conflit européen et que leur devoir est de soutenir les démocraties face aux dictatures (discours de la quarantaine). Après l'agression de la Pologne par Hitler, il parvient à convaincre le Congrès, en novembre 1939, d'assouplir les lois de neutralité en ajoutant la clause cash and carry qui autorise la vente d'armes à un pays en guerre, à condition de payer la marchandise au comptant et de la transporter sur ses propres navires. Ainsi, alors même qu'ils ne sont pas officiellement en guerre, les États-Unis  jouent un rôle dès le début de la 2GM. Des voix s'élèvent cependant contre un tel engagement.

     La défaite française en juin 1940 et le début de la bataille d’Angleterre à partir de juillet commencent à provoquer le basculement de l'opinion publique américaine. Le Congrès autorise en septembre la conscription, une première en temps de paix. En décembre 1940, Roosevelt déclare que les EU doivent devenir « l'arsenal de la démocratie ». Il obtient du Congrès une augmentation des crédits militaires. Parallèlement, par le biais de la loi prêt-bail (mars 1941) une aide financière aux pays alliés adversaires de l'Axe (GB, URSS) est débloquée. En août 1941, Roosevelt et Churchill, le Premier ministre anglais, signent la Charte de l'Atlantique qui reprend les idées de sécurité collective de Wilson.

 2 Un engagement direct essentiel à partir de 1941 (distribuer)

 

     Le 7 décembre 1941, sans déclaration de guerre, l'aviation japonaise bombarde la base américaine de Pearl Harbor à Hawaï. C'est la première attaque ennemie sur le sol américain depuis la guerre d'Indépendance à la fin du XVIIIème siècle. Les Américains sont stupéfaits et le lendemain, Roosevelt déclare la guerre au Japon, unanimement soutenu par l'opinion publique tandis que le Congrès vote l'entrée en guerre. C'est la formation de la Grande Alliance.

     L'engagement des EU est désormais total : Roosevelt annonce en janvier 1942 la mise en place du Victory Program. Ce programme de la victoire a des aspects économiques et militaires : c'est d'abord la mobilisation de l'économie par l'État fédéral en fixant des objectifs de production industrielle très élevés. Tout l'appareil productif est mis au service de la guerre totale (par exemple, l'industrie automobile à Detroit est totalement reconvertie en industrie de guerre). Les chiffres de cette production sont impressionnants : 300 000 avions, 100 000 tanks, 124 000 bateaux, 2,7 millions de mitrailleuses, 430 millions de tonnes d'acier.  La mobilisation militaire est elle aussi très conséquente : environ 12 millions de GI's sont mobilisés et se battent sur les deux principaux fronts de la guerre : dans le Pacifique contre le Japon et en Europe (et en Afrique) contre l'Allemagne et l'Italie.  Les débarquements en Afrique du Nord (1942), en Italie (1943) et en France (1944) permettent à l'armée américaine, aidée de ses alliés, de libérer l'Europe occidentale et participent à la capitulation de l'Allemagne (8 mai 1945). Les terribles bombardements de Tokyo et l'usage de l'arme nucléaire à Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945) poussent le Japon à la capitulation sans condition le 2 septembre 1945.

 

II. La puissance assumée : les États-Unis, superpuissance pendant la Guerre froide (1945 - 1991)

 

      Après la victoire, la puissance des EU est désormais sans égale. Comme en 1919 se pose alors la question de savoir ce que les EU entendent faire de cette puissance : se replier à nouveau sur leur traditionnelle politique isolationniste ou accepter de jouer un rôle international à la hauteur de leur puissance.

 

     A. Les États-Unis réorganisent le monde après la 2GM (1h30)

 

  1. Les États-Unis, grands vainqueurs de la 2GM

 

     Les États-Unis et l'URSS sont les deux grands vainqueurs de la 2GM et tous deux retirent de leur victoire sur le nazisme un prestige considérable. À la différence de l'URSS, le territoire américain n'a cependant subi aucune destruction (hormis Pearl Harbor). Cette puissance est manifeste :

     Sur le plan militaire : ils sont les seuls à posséder la bombe atomique. Leur armée très puissante et parfaitement équipée est déployée partout dans le monde.

     Sur le plan économique : ils dominent l'économie mondiale avec 65 % du stock d'or et 50 % de la production industrielle mondiale.  Leur PIB a augmenté de 60 % entre 1938 et 1946, et leurs exportations ont doublé, tandis que celles des autres pays industrialisés stagnaient (Royaume-Uni) ou chutaient vertigineusement (France, Allemagne, Japon). La guerre leur a véritablement permis de sortir de la crise commencée en 1929, grâce à l'effort de guerre dans le domaine industriel.

     Sur le plan diplomatique : les sièges des nouvelles institutions internationales (ONU, FMI) sont à NY et Washington car les États-Unis réorganisent le monde à leur manière.

 2 Une nouvelle organisation mondiale dirigée par les États-Unis

 

     Cette réorganisation du monde débute alors même que la guerre n'est pas achevée. Que ce soit sur le plan politique ou économique, les États-Unis sont les grands bénéficiaires des accords internationaux de la fin des années 1940. Leur modèle de société comme leurs intérêts commerciaux sont favorisés :

 

- Sur le plan politique : en février 1945, la conférence de Yalta (en Crimée, URSS)  rassemble les trois piliers de la Grande Alliance (Roosevelt, Churchill et Staline). Elle cherche à finir la guerre, régler le sort de l’Europe quand elle sera totalement libérée et garantir la stabilité du nouvel ordre international après la victoire. La SDN, créée en 1919 avait pour vocation de régler les conflits par un arbitrage international. Elle a manifestement échoué dans sa mission puisqu’elle n’a pas pu empêcher les crises qui ont mené au déclenchement de la guerre. Elle ne disposait en effet d’aucune force armée à même de contraindre les États récalcitrants et les EU avaient refusé d’y adhérer.  Les États-Unis en tirent donc les leçons et pensent qu’il faut créer une organisation plus forte. L'ONU naît le 26 Juin 1945 lors de la conférence de San Francisco avec  51 pays signataires. La SDN, devenue inutile, fut dissoute en 1946. La SDN s’était cantonnée à la question de la paix et ne faisait qu’une place très réduite aux activités sociales et économiques. Or, il apparaît que les totalitarismes (le nazisme en particulier) se sont affirmés à la faveur de la crise économique des années 1930, de la misère et du déclassement social qu'elle a induits. Les EU en tirent ici encore la leçon et prescrivent un gros effort de coopération internationale dans les domaines économique et social, afin de créer les conditions de stabilité et de bien-être considérées comme essentielles à l’établissement de relations pacifiques entre les nations. Les objectifs principaux sont : maintenir la paix dans le monde, favoriser le développement, garantir l’indépendance des État, faire respecter les droits de l’homme. L’ONU est au départ un club des vainqueurs, nettement dominé par les EU : chaque État verse une cotisation, les EU versent la plus importante et contrôlent de fait l’ONU. Sur les 51 états fondateurs, presque la moitié sont des États du continent américain, donc sous influence américaine. L'ONU peut fonctionner tant que l'entente règne entre les membres du Conseil de sécurité. Or, dès 1947, la rupture entre les deux anciens alliés de guerre est consommée et la Guerre froide débute.

 

- Sur le plan économique : en juillet 1944, les accords de Bretton Woods (dans le New Hampshire) signés par 44 pays  visent à favoriser le libéralisme et tracent les grandes lignes d'un nouveau Système Monétaire International. Une organisation monétaire mondiale est notamment mise en place dans laquelle le dollar devient la monnaie-pivot des échanges puisqu’il est la seule à être convertible en or. La Banque mondiale et le FMI sont créés et installés à Washington. En octobre 1947, les accord du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade = Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) sont signés par 23 pays. Le GATT est un accord de libre-échange : il s'agit d'abaisser et d’harmoniser les droits de douane des pays signataires pour favoriser le commerce international et la coopération économique.

 

     Contrairement à 1918-1919, l'opinion publique américaine soutient désormais une politique étrangère désormais interventionniste. Le pays croit pouvoir accomplir sa « destinée manifeste » qui consiste à répandre le modèle de civilisation américain dans le monde (en particulier la démocratie libérale) et plus seulement à l'échelle nationale ou continentale. Les États-Unis s'engagent ainsi pour la première fois dans le monde en temps de paix pour des ambitions qui ne sont plus seulement économiques. (fin h4)

 

     B. Les États-Unis dans la Guerre froide (distribuer : 1h)

 

  1. L'affirmation d'une superpuissance contre le communisme  (1947 – années 1960)

 

                            a. La théorie du containment et ses applications

 

     La Grande Alliance que les EU formaient avec l'URSS ne tarde pas à se fissurer.  En 1946, l'ancien Premier ministre britannique Churchill utilise la métaphore du « Rideau de fer » pour décrire la division de l'Europe en deux : en Europe de l'Est, la satellisation des pays libérés par l'Armée Rouge va à l'encontre des accords de Yalta car Staline n'organise pas les élections libres promises mais  installe au contraire au pouvoir des communistes favorables à l'URSS. Au-delà de la question idéologique, les États-Unis s’inquiètent de ce qu'un grand nombre de pays européens sous le contrôle de l'URSS échappent désormais à la sphère d'influence de l’économie américaine.

En mars 1947, dans son discours sur l’État de l'Union devant le Congrès, Harry Truman définit la nouvelle politique stratégique américaine. Il s'agit d'endiguer le communisme dans le monde. Cette politique est appelée « doctrine Truman » (containment) : le président considère que la misère et le dénuement sont la semence des régimes totalitaires et que les États-Unis se doivent donc d’aider économiquement les pays occidentaux à se reconstruire afin de contenir la progression du communisme.

      La doctrine Truman trouve rapidement une application concrète pour les pays européens : le nouveau secrétaire d'État (= ministre des Affaires étrangères), le général Marshall, propose aux pays européens l’European Recovery Program, plus connu sous le nom de Plan Marshall : 13 milliards de dollars sont accordés à 16 pays européens entre 1947 et 1951. Ces pays créent un organisme pour gérer et se partager les crédits américains : l’OECE (Organisation Européenne de Coopération Économique). Théoriquement, l’aide s’adressait à tous les pays européens, vainqueurs de la 2GM comme vaincus. Mais l’URSS la refuse catégoriquement en la dénonçant comme une volonté d’impérialisme américain et oblige les pays du glacis qu’elle dirige à la refuser aussi, alors que certains (Pologne, Tchécoslovaquie) avaient manifesté le souhait d’en bénéficier.

     Une autre application concrète de la doctrine du containmentest la mise en place d'un vaste réseau d'alliances internationales qui cherchent à verrouiller le bloc communiste de tous les côtés.

- 1949 : OTAN : Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, issue de la signature du Pacte de l'Atlantique  qui est un traité de défense mutuel conclu entre les États-Unis, le Canada et 10 pays d’Europe occidentale ayant pour objectif d’assurer collectivement la sécurité des États signataires. Il entraîne la formation d’une armée atlantique intégrée sous commandement unique américain. L’Europe peut ainsi bénéficier de la puissance nucléaire américaine et les pays européens doivent en échange accorder des bases militaires sur leur territoire. Cet engagement est une véritable rupture dans la politique extérieure isolationniste américaine.

- 1951 : ANZUS (Australia, New Zealand, United States Security Treaty). Les États-Unis remplacent le Royaume-Uni comme puissance géopolitique majeure en Océanie.

- 1954 : OTASE (Organisation du Traité de l'Asie du Sud-Est). Signé par la France, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Pakistan, les Philippines, la Thaïlande et les États-Unis dans le cadre du développement du communisme en Asie du Sud à la suite de la guerre d'Indochine (1946-1954).

- 1955 : Pacte de Bagdad, ou Traité d'Organisation du Moyen-Orient. L'Irak, la Turquie, le Pakistan, l'Iran, le Royaume-Uni et les États-Unis en font partie. Il permet notamment le contrôle des gisements pétroliers de la région.

 

     Au cours des années 1940 et 1950, dans le monde bipolaire de l'après-guerre, les États-Unis atteignent ainsi le statut de superpuissance. L'URSS est le seul pays à réellement pouvoir leur contester ce statut à la fois sur le plan militaire et symbolique. L'URSS représente en effet un autre modèle de société fondé sur le communisme.  Par ailleurs, en 1949, Moscou met au point l'arme atomique, accélérant ainsi la course aux armements.

 

                            b. Un affrontement toujours indirect avec l'URSS

 

     La rivalité entre la superpuissance américaine et la superpuissance soviétique au cours de la Guerre froide provoque de nombreuses crises et affrontements, qu'ils soient militaires ou pas.

     Le containment implique parfois une intervention militaire. Il s'agit toujours de conflit par pays interposé : la possession de l'arme atomique par les deux superpuissances interdisant toute confrontation directe, les conflits ou tensions se reportent à la périphérie des blocs et se font par l'intermédiaire de pays (Corée, Allemagne, Vietnam) :

Blocus de Berlin (1948 - 1949) par Staline pour asphyxier économiquement l'enclave occidentale de Berlin Ouest. Mise en place d'un pont aérien par les EU pour ravitailler BO. Voir cours de Première sur la Guerre froide.

- Guerre de Corée (1950 – 1953) : la Corée du Nord de Kim Il Sung soutenue par la Chine et l'URSS attaque la Corée du Sud soutenue par les EU. Après 3 ans de conflit, une intervention américaine et chinoise, 2 millions de morts Coréens et les hésitations de l'Etat-major américain à propos de l'utilisation de l'arme nucléaire, un armistice est signé et la frontière est fixée au 38ème parallèle.

Guerre du Vietnam (1964 – 1975) : lors de son indépendance obtenue de la France en 1954, le Vietnam a été provisoirement divisé en deux : le Nord communiste est dirigé par Hô Chi Minh et soutenu par l'URSS et la Chine tandis que  le Sud anticommuniste et soutenu par les EU. Le Vietnam Sud demande le secours des Américains face aux tentatives de soulèvement des communistes vivant au Sud. Dans un premier temps, à partir de 1956, les EU accordent une aide technique et militaire. Dans un second temps, le président Johnson engage les EU militairement et directement dans le conflit à partir de 1964. L'engagement va croissant jusqu'en 1968, sans que les EU n'obtiennent de résultat. Finalement, à l'époque du président Nixon, les États-Unis signent les accords de Paris en 1973 avec le Vietnam Nord, mais la guerre ne se termine réellement qu’en 1975 : le Vietnam Nord envahit alors le Sud et unifie le pays.

 2 Une puissance de plus en plus contestée  (années 1960 – 1980)

 

                            a. Une suprématie désormais disputée

 

- Dans le domaine militaire et scientifique : pendant les années 1940 et 1950, les EU pouvaient menacer directement l'URSS grâce à leurs fusées à tête nucléaires installées en Europe ou en Turquie. La réciproque n'était pas vraie. L'URSS possède l'arme atomique dès 1949, mais ce n'est qu'à partir de 1957 qu'elle est capable de fabriquer des fusées à longue portée qui ciblent les EU, d'autant plus que l'île de Cuba bascule en 1960 dans le camp soviétique (cf. crise des missiles de 1962). L'URSS parvient à rattraper son retard dans la course aux armements, à instaurer un équilibre de la Terreur et même à dépasser les EU dans les années 1970. Dans le domaine scientifique, la conquête spatiale est l'objet d'une lutte de prestige et l'URSS prend les États-Unis de vitesse dans la course à l'espace : elle est la première à placer un satellite en orbite (1957) ou à envoyer un homme dans l'espace (Gagarine en 1961). Ce n'est qu'en 1969 que les Américains reprennent le dessus dans ce domaine avec le programme Apollo qui envoie trois hommes sur la lune.

 

- Dans le domaine économique : l'Europe de l'Ouest marque un retour sur la scène économique mondiale après la reconstruction et concurrence les produits américains. Le Japon, que les EU ont aidé pour s'en faire un allié à partir des années 1950, connaît lui aussi "le miracle économique japonais" et ses marchandises concurrencent l'industrie américaine dans le monde entier, tout autant que le font les Dragons d’Asie à partir des années 1970. À partir de 1971, le dollar devient flottant et n’est plus convertible en or, conséquence des dépenses ruineuses engagées pour la guerre du Vietnam. La récession économique touche les États-Unis à partir de 1973, sur fond d’augmentation des prix du pétrole lors de la guerre du Kippour (renforcée par un deuxième choc pétrolier en 1979).

 

                            b. Une domination contestée et une puissance qui doute d'elle-même à l'époque de la Détente

 

- Le bloc occidental se fissure dans les années 1960 et les EU sont contestés au sein de leur propre camp : la France du président de Gaulle conteste l'hégémonie américaine sans pour autant remettre en cause l'Alliance atlantique, critique l'intervention au Vietnam, quitte le commandement intégré de l’OTAN en 1966. C'est surtout en Amérique latine que l'emprise politique et économique des EU est de plus en plus mal acceptée : Cuba, aux portes des EU, devient communiste en 1960. Pour lutter contre les guérillas d'inspiration marxiste ou contre les gouvernements de gauche qui arrivent au pouvoir sur le continent américain, leur chasse gardée, les EU n'hésitent pas à soutenir des coups d'État et favoriser des dictatures d'extrême-droite anticommunistes, comme au Chili en 1973, où la CIA participe au renversement du gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende ou encore en République dominicaine où les EU interviennent militairement en 1965.  La majorité des pays à l'ONU est par ailleurs devenue tiers-mondiste, non alignée et anti-occidentale dans les années 1960.

Dans les années 1960, la puissance américaine sûre d'elle-même fait place à une puissance qui doute désormais de son modèle. La guerre du Vietnam est un tournant : au-delà de son coût humain (58 000 soldats américains), cette guerre fut un désastre pour les États-Unis : non seulement ce fut une erreur stratégique, une défaite militaire, un gouffre financier, une source de division sociale profonde, mais aussi la cause de la remise en question de leur leadership dans le monde. De cette guerre surtout datent les accusations d'« impérialisme » nourrissant l'antiaméricanisme. Ce conflit fut aussi un épisode qui fit douter les EU du bien fondé de leur intervention et de la moralité de leur action : effectuée au nom de la lutte anticommuniste, cette guerre n’a-t-elle pas foulé aux pieds les principes fondamentaux de la démocratie américaine ?  Sur fond de révolte de la jeunesse américaine, c’est une véritable crise de confiance des Américains (credibility gap) dans leur bien d’exportation jusqu’alors le plus sûr, la démocratie. Le scandale du Watergate vient conforter ce doute d'une grande partie de la population dans la solidité de son modèle démocratique (le président Nixon démissionne en 1974 après une affaire d'espionnage par micros du siège du Parti Démocrate au cours de la campagne électorale de 1972). La politique extérieure du nouveau président démocrate Jimmy Carter traduit ce malaise à partir de 1976 : fin du soutien américain aux dictatures dans le cadre de la lutte contre le communisme. Le président tente de restaurer l'image dégradée d’une puissance contestée, accusée de tourner le dos à ses principes fondateurs : cette politique des « bons sentiments » ou « des droits de l’homme » voit par exemple cesser le soutien américain au gouvernement du Nicaragua.

 3 Les États-Unis, vainqueurs de la Guerre froide (1980 – 1991)

 

                            a. Le retour de la puissance américaine sur la scène internationale

 

     Il faut attendre l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1978 pour voir les États-Unis réaffirmer clairement leur rôle géopolitique de superpuissance face à l'URSS. L'élection du républicain Ronald Reagan en 1980 marque ce tournant. Le nouveau président est farouchement antisoviétique et une rhétorique manichéenne revient à la mode : l'URSS est qualifiée d'« Empire du Mal » (Evil Empire). Reagan estime que les EU doivent s'opposer fermement et par tous les moyens au communisme. C'est donc un retour de la politique du containment, comme en témoigne le slogan de campagne : « America is back ».

     Cette politique se concrétise par le rétablissement du soutien américain aux régimes autoritaires les moins respectueux des droits de l’homme : ils soutiennent ceux qu’ils avaient abandonnés à l’époque de Carter. Au Nicaragua, ils reprennent ainsi avec succès leur soutien aux anticommunistes et interviennent pour renverser en 1983 un régime procommuniste. Autre illustration, la reprise de la course aux armements : après une pause dans les années 1970 à l'époque de la Détente : Reagan lance un ambitieux programme de bouclier antimissile pour détruire les missiles intercontinentaux soviétiques en cas d’attaque. Ce programme est baptisé Initiative de Défense Stratégique ou « guerre des étoiles » et prévoit un système de laser au sol et de canon électromagnétique dans l’espace destinés à intercepter et détruire les missiles soviétiques en plein vol. Les EU savent que l'URSS n'a pas les moyens financiers et technologiques de suivre : ce projet rompt le principe d’Équilibre de la Terreur et met l'URSS face à ses contradictions. Il ne s'agit plus seulement, pour les EU, de contenir la progression du communisme, mais aussi de le combattre de l'intérieur pour le faire refluer (doctrine du rollback).

    

                            b. Une victoire par effondrement de la superpuissance rivale

 

     En URSS, l'arrivée au pouvoir en 1985 de Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant lucide sur l'état de l'URSS, modifie profondément la donne. Il a conscience que son pays ne peut plus rivaliser avec les EU et se ruine à vouloir continuer. Il ne faut donc pas chercher à répliquer mais au contraire faire de profondes réformes économiques et politiques (Perestroïka) pour sauver le système communiste en l’assouplissant. Ces réformes passent, entre autres, par la réduction des dépenses militaires qui asphyxient l'URSS. Les négociations avec les EU sur le désarmement nucléaire s'enchaînent : accords de Washington en 1987, accords START en 1991... L'URSS n'a plus les moyens d'apporter son soutien aux  démocraties populaires d'Europe de l'Est, qui s'effondrent les unes après les autres entre 1989 et 1990. L'Allemagne est réunifiée en 1990 et en décembre 1991, l'URSS, irréformable, éclate à son tour. La disparition de l'autre superpuissance laisse les EU sans rivaux. Ils sortent vainqueurs de la Guerre froide de façon pacifique car leur concurrent s'est effondré.

 

     La victoire des EU est aussi celle des valeurs et d'un système : le libéralisme économique et le capitalisme triomphent dans les années 1980 et 1990. Ils gagnent l'Europe de l'Est et la Chine avant même les réformes politiques. La démocratie progresse quant à elle en Amérique latine. Néanmoins, les EU ont toujours une vision claire de leurs intérêts et continuent à soutenir des régimes non-démocratiques lorsqu'ils servent leurs intérêts, au Proche et au Moyen Orient particulièrement.

    

     C. La puissance des États-Unis dans la seconde moitié du XXème siècle : hard et soft power

 

    La Guerre froide a  mis en avant le fondement central de la puissance géopolitique américaine : le hard power, c'est-à-dire la combinaison des moyens militaires et économiques d'influence sur le monde.Mais cette puissance contraignante n'est pas le seul aspect de la puissance des États-Unis : il faut aussi compter avec le soft power, c'est-à-direla capacité d'un État à  séduire grâce à son modèle culturel et idéologique.

 

  1. Une puissance économique

 

     Le Hard power désigne la puissance militaire mais aussi l'influence économique. La période de la Guerre froide fut justement marquée aux États-Unis par une croissance économique sans précédent. Entre 1950 et 1970, le PNB américain est multiplié par 2,3 pour atteindre plus de 1 000 milliards de dollars (soit 50 % du PNB cumulé de tous les pays de l'OCDE). Les causes de cette croissance sont multiples :

- Le « baby boom » qui fournit des millions de consommateurs et de producteurs 

- Les innovations techniques comme la chimie (plastiques), l'électronique/informatique (ordinateur avec circuits intégrés puis microprocesseurs), le nucléaire (bombes A et H, centrales nucléaires), etc. La conquête spatiale et la course aux armements stimulent les avancées scientifiques dans de multiples domaines.             

- Les investissements massifs dans les biens d'équipement et l'appareil productif 

- Les exportations et investissements massifs à l’étranger

 2 Une puissance culturelle

 

     Les États-Unis deviennent une « société d'abondance », selon le titre du célèbre ouvrage de l'économiste John Kenneth Galbraith (The Affluent Society, 1958). La période de la Guerre froide fut ainsi marquée par la mondialisation de la fascination à l'égard du mode de vie américain (American way of life). Ce mode de vie censé conjuguer liberté individuelle, égalité des chances, revenus élevés et consommation de masse est proposé en modèle au monde entier. Il représente le « rêve américain », ce à quoi aspirent des centaines de millions d'individus, dont les 15 millions d'immigrés qui arrivent aux États-Unis entre le début des années 1960 et 1990.

La capacité de séduction extraordinaire du « rêve américain » est rendue possible par le dynamisme culturel de la société américaine qui s'exporte par le biais de biens matériels ou immatériels :

- Les biens de consommation matériels : cigarettes, Coca-Cola, jeans, burgers, maison individuelle de banlieue...

- La musique et ses interprètes : jazz, blues, rock 'n roll, soul, funk, R 'n B, disco, pop, rap, etc.

- Le cinéma hollywoodien et ses « stars ». Marylin Monroe dans Certains l'aiment chaud (1959) ; La Guerre des étoiles (1977-1983), E.T. (1982), etc. Les films hollywoodiens diffusent à la fois l'image d'un mode de vie rêvé et sont aussi un instrument de la lutte contre le communisme

- Les séries télévisées : Ma Sorcière bien-aimée (en France à partir de 1966), Dallas et le Cosby Show (années 1980), etc.

- Le prestige universitaire et scientifique des grandes universités américaines (Harvard, Yale, Princeton...) ; brain drain ; domination écrasante en matière de Prix Nobel.

     Bien qu'il ait existé des remises en cause sérieuses du rêve américain (conséquences de la guerre du Vietnam, ségrégation raciale péniblement abandonnée dans les années 1960, pauvreté de masse, naissance d'une contre-culture...), l'emprise du modèle culturel américain ne s'est pas démentie sur la période.

 

III. Les États-Unis depuis 1991, hyperpuissance ou puissance affaiblie  ?

 

     A. Les États-Unis et le nouvel ordre mondial dans les années 1990 (1h30)

 

     À la fin de la GF, les États-Unis apparaissent comme les leaders d'un monde réunifié autour de la démocratie et de l'économie libérale.  Leur influence économique (commerciale, financière, monétaire), politique (diplomatique, militaire) et culturelle (linguistique, technologique, symbolique) est telle que certains la qualifient désormais « hyperpuissance ». Le terme a été forgé par le ministre des Affaires étrangères français Hubert Védrine. Les États-Unis entendent (à nouveau) instituer un « nouvel ordre mondial » fondé sur les valeurs libérales. Cette expression est utilisée à de nombreuses reprises par le président républicain George  Bush (1988 - 1992) pour désigner ce programme cherchant à instaurer la sécurité collective sous leadership américain. Ce nouvel ordre mondial entend reposer sur un pilier économique et un pilier géopolitique.

  1. Un « nouvel ordre mondial » économique : diffusion du libéralisme

 

     À la chute de l'URSS, le système économique et social américain est fondé sur l'économie de marché (système capitaliste) et le  libéralisme (propriété privée,  libre concurrence, et initiative individuelle). Les États-Unis entendent  diffuser au monde entier le libéralisme économique :

- Ils favorisent l'intégration économique régionale et mettent en place des aires de coopération régionale : Coopération économique Asie Pacifique (APEC) en 1989 afin de réduire les droits de douanes pour libéraliser les échanges commerciaux à travers la région Asie-Pacifique, une zone connaissant depuis cette date une très forte croissance économique. Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 1994

- Ils promeuvent le libéralisme économique : l'Organisation mondiale du commerce (OMC)  remplace en 1995 le GATT

 2 Un « nouvel ordre mondial » géopolitique : un multilatéralisme affiché

 

     Pendant la Guerre froide, l'ONU avait été paralysée par l'utilisation intempestive du droit de veto par les deux superpuissances (utilisé 279 fois au cours de la GF). La fin de la Guerre froide laisse espérer que l'ONU puisse enfin remplir la mission fondamentale qui était la sienne. Le président G. Bush annonce en 1990  « une phase historique de coopération entre les peuples où le règne du droit supplantera la loi de la jungle ». Il défend donc le principe multilatéralisme, c'est-à-dire d'une politique consistant à associer la communauté internationale à des décisions et actions menées dans la concertation, principalement dans le cadre de l'ONU. Dans ce contexte, au nom du droit et de la démocratie, renouant en quelque sorte avec les idéaux wilsonniens, les États-Unis ont tenté de jouer le rôle de « gendarmes du monde », de pacificateurs des relations internationales sur tous les continents. Parce qu'ils tentent de se faire le bras armé de l'ONU, certains idéologues américains ont présenté les États-Unis comme un « empire bienveillant » (a benevolent empire), une hyperpuissance qui placerait sa force au service de la sécurité et de la prospérité collectives. Dès lors, les EU réalisent de multiples interventions au nom du droit international :

- En août 1990, l'Irak de Saddam Hussein envahit et annexe le Koweït pour mettre la main sur ses réserves de pétrole. Pour George Bush, il s'agit là du premier « test » auquel le « nouvel ordre mondial » doit faire face, alors que la GF n'est pas encore tout à fait terminée. En janvier 1991, la guerre du Golfe est menée contre l'Irak par une coalition internationale sous mandat de l'ONU dirigée par les États-Unis. Le Koweït est libéré mais Saddam Hussein n'est pas renversé

- En 1993, Bill Clinton fait de même Ex : les États-Unis interviennent militairement en Somalie sous mandat de l'ONU pour aider la population en proie à une guerre civile et une sécheresse. L'opération Restore Hope est un échec cinglant ne permettant pas la démocratisation du pays.

- En 1993, les accords d'Oslo signés à Washington entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sous le patronage du président américain démocrate Bill Clinton (1992 – 2000) sont le début d'un « processus de paix »  et marquent un tournant dans les relations israélo-palestiniennes : reconnaissance mutuelle, création d'une « Autorité palestinienne », mise en place d'un calendrier pour la création d'un État palestinien indépendant.

- En 1994, alors que les Européens ne parviennent pas à s'accorder sur une intervention en ex-Yougoslavie pour mettre fin à la guerre, les Américains interviennent en Bosnie par l'intermédiaire de l'OTAN avec l'accord de l'ONU. En 1995, les accords de Dayton, signés aux EU, permettent la naissance de la Bosnie-Herzégovine.

- Depuis la chute de l'URSS, les États-Unis ont fait entrer d’anciens pays satellites de Moscou dans l'OTAN : la Hongrie, la Pologne et la République tchèque (1999), la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie (2004), l'Albanie et la Croatie (2008). Aujourd'hui, l'Alliance compte 28 membres. D'autres pays sont candidats (Ukraine, Géorgie, Azerbaïdjan, Moldavie, Macédoine).

 

     La posture de l' « empire bienveillant » est critiquable : la politique étrangère américaine des années 1990 apparaît également guidée par un intérêt national bien compris. En témoignent : intervention dans des zones où sont impliqués des intérêts économiques ; refus de ratifier le protocole de Kyoto (en 1997) ; refus de ratifier la convention sur la Cour Pénale Internationale (en 1998).                        

 

     B. La puissance américaine face au terrorisme : un unilatéralisme assumé

 

     La période de l'après-Guerre froide se termine brusquement le 11 septembre 2001. Pour de nombreux observateurs, cet événement majeur a marqué la fin du XXème siècle et a profondément remis en cause le statut et le rôle de la puissance américaine dans le monde.

 

  1. Les attentats du 11 septembre 2001

 

     Les attentats du 11 septembre 2001 s’inscrivent dans une suite continue d’attaques islamistes contre les intérêts américains dans le monde depuis le début des années 1990 (attaque contre le World Trade Center en 1993 ; attaques des ambassades américaines de Nairobi au Kenya et Dar es-Salaam en Tanzanie en 1998...) Cependant, les attentats du 11 septembre furent d’une toute autre ampleur. Ils furent une série d’attaques, préparées de longue date, parfaitement coordonnées et d'une portée symbolique inouïe. Il s’agissait d'attaquer la puissance américaine en son cœur  :

- Attaque du World Trade Center à New York, symbole de la suprématie économique et financière américaine (Wall Street) ;

- Attaque du Pentagone à Washington, symbole de la suprématie militaire américaine (département de la Défense) 

- Échec de l’attaque prévue contre le Capitole ou la Maison Blanche à Washington, symboles de la vie démocratique américaine.

                 Au total, plus de 3 000 morts et disparus. Perpétré par l’organisation terroriste Al-Qaïda dirigée par Oussama Ben Laden, l'attentat de NY est diffusé en direct par les chaînes de télévision et frappe le monde de stupeur : l'hyperpuissance américaine se révèle vulnérable sur son propre sol. Grâce à la médiatisation sans précédent de cet événement, le terrorisme apparaît désormais comme une menace majeure pour les nations occidentales, plus dangereuse que les guerres classiques interétatiques qu'elles ne  connaissent plus depuis longtemps sur leur territoire : ces attaques sont les premières attaques ennemies sur le sol américain depuis Pearl Harbor en 1941 et les premières sur le sol continental du pays depuis la guerre d'Indépendance. Le traumatisme fut donc énorme.

 2 La réponse américaine : la « guerre contre le terrorisme »

 

                            a. Un unilatéralisme revendiqué

 

     Les attaques précipitent un changement radical en matière de politique étrangère. Elles sont qualifiées d’ « actes de guerre » par le président républicain George W. Bush (2000 - 2008) qui déclare une « guerre à la terreur » (war on terror) et fait de la sécurité nationale l'enjeu primordial de la politique américaine. Par ailleurs, George W. Bush définit un « axe du Mal » (axis of Evil) regroupant des États dits « voyous » (rogue states) comme la Corée du Nord, l'Iran et l'Irak. L'expression « axe du Mal » combine les expressions « forces de l'Axe » (Seconde Guerre mondiale) et « empire du Mal » (Guerre froide) pour rappeler les deux plus grandes menaces que les États-Unis ont affrontées au XXème siècle.

 

     Les deux mandats de George W. Bush (2000 - 2008) sont ainsi caractérisés par l'unilatéralisme de la politique étrangère américaine. L'unilatéralisme est l'attitude consistant à mener des actions diplomatiques et militaires de manière autonome sans l'aval de la communauté internationale. Il s’agit pour Washington de défendre les intérêts nationaux américains sans attendre l'approbation de l'ONU et de la communauté internationale. Les États-Unis s'engagent ainsi dans deux guerres :

- Intervention de l'OTAN sous mandat de l'ONU en Afghanistan en octobre 2001. Le régime islamiste des talibans abritant Al-Qaïda est renversé dès novembre. Pourtant, le retrait des troupes de date que de 2014 sans qu'une victoire ne se soit vraiment dessinée pour la coalition.

- Intervention « préventive » des États-Unis à la tête d'une coalition internationale sans mandat de l'ONU en Irak au printemps 2003. La France et l'Allemagne notamment refusent de participer à la coalition ce qui est une grave fissure parmi les alliés historiques des États-Unis. Il s'agit de renverser Saddam Hussein considéré comme un soutien actif du terrorisme international et de mettre fin au programme irakien de construction d' « armes de destruction massive », notamment nucléaires, qui n'existait pas en réalité. Il s'agit aussi de sécuriser la région du monde la plus riche en pétrole et de remodeler démocratiquement un « Grand Moyen Orient », du Maroc au Pakistan. Saddam Hussein est rapidement renversé, mais le pays sombre dans la guerre civile. En 2011, les troupes américaines se retirent d'Irak. 50 000 GI's restent en appui des forces irakiennes.

     Ces deux interventions montrent aussi la difficulté et les limites de la stratégie du « Nation building » (construction nationale) qui consiste à  s’impliquer directement dans les affaires intérieures d'un pays instable ou ennemi afin d’en faire un allié sûr en créant les institutions politiques,  les structures économiques et les infrastructures qui permettront à la population d'administrer le pays.

 

b. Une image internationale ternie

 

   Cette guerre contre le terrorisme à l'intérieur même des EU se fait au prix de ce que beaucoup considèrent là-bas comme une dérive : la question de savoir quelle valeur, de la liberté ou de la sécurité,  doit l'emporter est posée par les lois antiterriristes comme le USA Patriot Act en octobre 2001 : elledonne aux agences fédérales (FBI, CIA...) des pouvoirs extraordinaires pour perquisitionner des propriétés privées, saisir des documents confidentiels et mettre sous écoute des lignes téléphoniques... Le recours à la torture (Bush justifie la pratique du « supplice de la baignoire » en  2008), les humiliations dans les prisons irakiennes (Abu Graib), la détention hors de tout cadre légal de prisonniers sur la base de Guantanamo à Cuba entrent en contradiction flagrante avec les valeurs du pays et dégradent très fortement son autorité morale dans le monde. L'antiaméricanisme atteint des sommets au milieu des années 2000, particulièrement dans le monde musulman.

 

 

 3 Les États-Unis de B. Obama : un retour vers le multilatéralisme ?

 

     En 2008, le démocrate Barack Obama est élu. C'est le premier président noir du pays – un symbole fort dans un pays qui fut déchiré par l'esclavage et la ségrégation raciale. Hillary Clinton, la Secrétaire d’État américaine, définit le smart power, c'est-à-dire la capacité de choisir le meilleur outil pour répondre à une situation donnée (soit le hard power soit le soft power). Elle s'oppose ainsi à la politique menée par l'administration Bush considérée comme trop agressive. Le mandat de B. Obama a globalement tenté de restaurer dans le monde l'image des EU, très écornée dans la décennie 2000. Obama privilégie le multilatéralisme : il accorde plus d'importance à la diplomatie en général, à l'ONU, aux négociations sur le développement durable et à la gouvernance économique mondiale. Il préside au retrait des troupes d'Irak (2011) et décide du retrait d'Afghanistan (2014), la plus longue guerre américaine. Le discours du Caire, prononcé en juin 2009, rejette l'idée d'un « choc des civilisations » et tente de renouer le dialogue avec l'islam.  B. Obama soutient les révolutions du « printemps arabe » (2010 - 2012).

     Mais les États-Unis veulent conserver leurs moyens d'action : exécution de Ben Laden en mai 2011 sans procès ni concertation avec leurs alliés ; utilisation à grande échelle de drones pour éliminer leur ennemis. Par ailleurs, les dépenses militaires américaines restent impressionnantes : en 2010, les États-Unis ont dépensé 687 milliards de dollars, soit près de 5 % de leur PIB. Cela représente plus de 42 % des dépenses militaires mondiales (2e au classement, la Chine a dépensé 115 milliards de dollars, le Royaume-Uni et la France, 3e et 4e, 60 milliards de dollars chacune).

 

     C. « The Great Recession » : une puissance affaiblie depuis 2008

 

  1. Une puissance économique sans égale qui reste très attractive...

 

     Dans les années 1990 - 2000, les États-Unis ont continué à fonder leur puissance sur des atouts exceptionnels. Des conditions naturelles remarquables leur offrent un énorme potentiel énergétique et agricole. Leur croissance démographique reste dynamique, notamment grâce à l'immigration (315 millions d'habitants en 2013). La moitié des cent premières entreprises mondiales sont américaines et le dollar reste la principale monnaie du commerce international. Leur avance technologique leur permet de produire des armements sans équivalent et de contrôler le réseau mondial de communication, grâce à la maîtrise d'internet. Sur ce dernier point, les années 1990-2000 ont vu l’approfondissement de la suprématie des États-Unis dans les industries de pointe comme les technologies de l'information (NTIC) :

- L'entreprise Microsoft est créée en 1975 par Bill Gates. Aujourd'hui, le système d’exploitation Windows équipe la très grande majorité des ordinateurs de bureau dans le monde.

- L'entreprise Apple est créée en 1976 par Steve Jobs et Steve Wozniak. La firme représente aujourd'hui la plus grande capitalisation boursière de tous les temps et l'une des entreprises les plus rentables du monde avec des produits-phares

- L'entreprise Google est créée en 1998. C'est un moteur de recherche sur internet. L'entreprise propose désormais un navigateur (Chrome), un site de partage de vidéos (YouTube), un système d'exploitation pour téléphones portables (Android) et des logiciels comme GoogleEarth, GoogleBooks, etc. En captant entre 5 et 10 % du trafic internet mondial, l'entreprise gagne énormément d'argent par la publicité.

- L'entreprise Facebook est créée en 2004 par Mark Zuckerberg. C'est un réseau social fonctionnant sur internet. Il regroupe près d'un milliard de comptes et plus d'un demi milliard de membres actifs. La publicité et la vente d'informations lui assurent des bénéfices colossaux.

 

     Mise à part la domination économique et géopolitique du monde par les États-Unis, leur domination culturelle reste sans égale. Les États-Unis sont en mesure de façonner une culture de masse mondialisée fondée sur la langue (l'anglais), les loisirs (séries télévisées, blockbusters hollywoodiens, musique, MTV...), l'information (CNN, le New York Times, Time Magazine, etc.), l'éducation (Harvard, MIT, Princeton, Yale...). Leur modèle de société continue ainsi d'être diffusé sur la planète. À cet égard, on notera que 700 000 étudiants étrangers étudient aux États-Unis.

 2 .. mais une grave crise économique depuis 2008

 

     Ces  réussites ne sont pas parvenues à enrayer la grave crise économique que connaît le pays depuis le début des années 2000 et qui s'est aggravée en 2008. Depuis 2001 - 2002 en effet, le revenu médian par foyer n'a cessé de baisser, tandis que les inégalités de richesse atteignaient des niveaux inconnus depuis le début du XXème siècle. Déclenchée par des produits financiers liés au crédit immobilier (subprimes), la crise de 2008-2012 a engendré la faillite de grandes banques, véritables institutions financières (Lehman Brothers) et le soutien financier massif de l'Etat fédéral à d'autres. Plus de 2 millions de familles ont perdu leur logement faute de pouvoir rembourser leur crédit. Cette crise s'est propagée au monde. Elle est directement responsable de l’affaiblissement de la croissance mondiale et de l'aggravation du chômage dans les économies développées. Elle discrédite par ailleurs l'American way of life, fondée sur le libéralisme économique, l'achat à crédit et le culte de l'enrichissement personnel. Cette crise est la pire depuis la Grande Dépression des années 1930 et a été surnommée la « Grande Récession ».

 

     Dans ce contexte de crise, la question de la dette publique (dette contractée par l'Etat : 16 000 milliards de dollars en 2012, environ 100 % du PIB) et de la dette privée (dette contractée par les entreprises et les ménages : 41 000 milliards de dollars en 2012) obsède les Américains bien plus qu'auparavant, alors que leur modèle de consommation et de société est basé sur le crédit. Cet endettement public est dû au déficit de la balance commerciale (- 500 milliards de dollars en 2010 à cause la délocalisation de la production des biens de consommation) et à l'allègement de la fiscalité surtout sur les entreprises et les particuliers les plus aisés, afin de favoriser la croissance. Le pays manque ainsi des ressources indispensables face à la montée de ses dépenses, médicales et militaires notamment. Il en découle un déficit budgétaire (les dépenses sont supérieures aux recettes), financé par des emprunts massifs sur le marché mondial des capitaux. Le pays apparaît ainsi dépendant, surtout de la Chine qui est son premier fournisseur de marchandises et de crédit. Aucun pays du monde (et surtout pas la Chine) n'a intérêt à voir s'écrouler l'économie des États-Unis. Le pays, malgré l’érosion de sa puissance économique, reste néanmoins la seule puissance globale.